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Les vraies angoisses n’empêchent pas les vrais sourires

Le langage corporel possède des spécificités. La plus mystérieuse d'entre elles, veut que la perception scientifique du non verbal contredise souvent les lois de la perception courante. Ou pour le dire autrement, que les certitudes du commun des mortels ne correspondent pas toujours aux données des chercheurs. Ce phénomène est observable concrêtement dans une manifestation non verbale, aussi courante que le sourire.

armstrong_1Dans ce domaine une idée semble bien implantée dans les esprits :  "Un sourire authentique est un sourire de bien-être, les autres sourires sont de faux sourires"  Et il en restera des traces sur le visage. Or il s'avére que cette idée n'est pas une idée juste.

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The artist et l’universalité du geste.

La cérémonie des Oscars 2012 vient de se clore à Los Angeles et la palme d'or du meilleur film a été remise à un film muet.
Quiconque a vu ce film a eu le sentiment que l'histoire était facilement compréhensible sans langage verbal. Quiconque a vu ce film a également eu le sentiment qu'il était universellement compréhensible. 

 

Dans ce film français aucun geste "culturel" n'était repérable comme tel, et chaque personne dans son coin de planète, son coin de pays a eu le sentiment, s'il a vu ce film, de comprendre la totalité de l'intrigue.

 Du geste conscient de l'acteur au geste non conscient de la vie
 
Les attitudes corporelles "actées" sont des attitudes conscientes pensées par un auteur, mises en scène, puis jouées par des acteurs. Ce ne sont pas de ces gestes là que s'occupe la synergologie, pas des gestes conscients mais des émotions non conscientes que va traduire le corps au moment ou l'être humain est en action.  Mais si les gestes permettant la compréhension du film peuvent être décryptés sur une base universelle, pensez-vous vraiment que les messages neurophysiologiques que le corps et le cerveau vont s'envoyer et que l'être humain va traduire de manière non consciente par son langage corporel, seront moins universels ?
Les invariants du langage du corps sont universels. De multiples décodages vidéos réalisés à partir de visionnements de peuples divers nous en convainquent chaque jour. Mais pourquoi cette idée simple est-elle si difficile à faire passer dans l'opinion ?
Pourquoi l'idée qu'au delà des races humaines, une espèce humaine unifiée communiquant universellement ses émotions à partir de structures cérébrales communes façonnées depuis des centaines de millions d'années, est-elle si difficile à accepter…?

Nous y reviendrons.

 
 
 
 
 

C’est au repos que le cerveau travaille le plus !

Dès qu'il est question de langage corporel une question revient souvent : "Lorsque je suis tout seul, il m'arrive de faire des gestes, de me gratter, croiser les jambes… alors que je ne suis pas en communication. Y-a-t-il une raison à cela et est-ce interprétable ?"
Cette question étant généralement elle-même suivie d'une autre question : "Est-il possible que parfois je ne pense à rien ?!"

Il est drôle de voir à quel point les gens croient que dès que nous sommes seuls les règles d'observation cessent d'avoir cours, un peu comme si lorsque nous étions seuls nous cessions de penser. Évidemment c'est un peu plus compliqué. De façon paradoxale c'est même sans doute exactement le contraire qui se produit ! car le repos semble entraîner dans le cerveau une consommation d’énergie, de glucose et d’oxygène supérieure à celle que celle nécessaire à la réalisation d’une tâche précise !!!

Dans une expérience ou un individu placé dans un IRM doit réaliser des tâches précises, entre deux temps de travail, au repos, son cerveau consomme davantage de glucose et d'oxygène que lorsqu'il oeuvre à l'accomplissement de ces tâches.(1)

Nous ne sommes jamais seuls car même lorsque nous ne sommes pas en communication, nous sommes traversés par des images que nous nous remémorons et que nous classons, réorganisons… en fait le corps d'une personne seule ne s'exprime pas moins que celui d'une personne en train de communiquer et il se décode exactement avec les mêmes règles. Car nous ne sommes pas moins joyeux, tristes, stressés ou détendus lorsque nous sommes en relation que lorsque nous sommes seuls et les critères de décodage de ces états sont toujours les mêmes.

(1) . Raichle, "Un cerveau jamais au repos", in Pour la Science, n°393, pp. 42-47, 2010.