Archives de l’auteur : Philippe TURCHET

Décoder des émotions, oui mais après…

 

Le public, de manière générale, pense que le langage corporel c'est le langage des émotions. Or ce n'est pas tout à fait ça et c'est beaucoup plus riche que ça.

Schema_synergologique

Apprendre à identifier des émotions sur le visage c'est le travail d'une journée pour un bon observateur à qui on a montré ce qu'il fallait regarder, et en l'espace d'une vingtaine d'heures de travail, celui qui le désire peut très bien apprendre à reconnaitre et étiqueter des déplacements de muscles.
Mais appréhender le langage corporel, ça commence juste après, ça commence lorsqu'on se dit : " Certes, j'ai bien vu une émotion mais à quoi l’attribuer ?" Ou encore au moment ou l'on se pose cette question :  " Mes interlocuteurs  ont l'air trés concentrés, mais je ne repère pas d'émotion particulière, pourquoi ?"
La personne qui compte bien mettre à profit les connaissances acquises par l'apprentissage des déplacements faciaux procède toujours de la même manière. Elle écoute ce que son interlocuteur est en train de dire, regarde son visage et se demande s'il y a adéquation entre ce qu'il dit et ce que montre son visage. Elle évalue la congruence entre le discours et les états émotionnels. Or, il y a huit causes bien identifiées, pas moins,  pour qu'il n'y ait pas de rapport entre l'émotion observée et ce que la personne est en train de dire, alors même qu'elle est parfaitement sincère, parfaitement authentique, et qu'elle dit parfaitement la vérité.

Prenons quelques exemples pour comprendre pourquoi l'observation d'une émotion est souvent trompeuse et pourquoi elle doit être encadrée par un questionnement sur le langage corporel prenant en compte de nombreux autres aspects.

Quelques exemples :

Il est tout à fait possible d’être dans deux états contradictoires, tout en étant authentique dans ces deux états. C'est ce qui se passe, si un évènement vous a rendu triste, au moment où vous croisez quelqu’un que vous êtes heureux de rencontrer. Montrez-vous un visage triste ou heureux ? En fait, vous montrez un visage sur lequel les déplacements faciaux ont emprunté aux deux réalités. Les muscles lisses actifs dans votre tristesse durable, mettent 40 à 400 fois plus de temps à se détendre que les muscles striés, pendant que de leur côté les hormones actives dans les situations de tension sont encore présentes et ne se dissipent pas dans le cerveau, comme par enchantement. Le temps du changement de métabolisme, des signes de joie et de tristesse sont lisibles ensemble puis en alternance, avant qu'un état prenne vraiment le pas sur l'autre..

Si vous communiquez face au soleil, votre visage sera marqué, tendu alors même que vous pouvez être de très bonne humeur et vous conserverez cette expression de tension faciale, de longues minutes après avoir quitté le soleil…

Il est également possible en interaction que votre esprit soit accaparé par d'autres pensées que les propos échangés. C'est même plus fréquent qu'on ne le pense. L'émotion traduite par votre visage peut être générée par des pensées n'ayant rien à voir avec l'interaction dans laquelle vous êtes placé/e. C'est le phénomène à l’œuvre chaque fois que vous êtes préoccupé/e. Votre interlocuteur muni de son petit lexique facial émotionnel risque de se dire, mais que lui ai-je donc fait pour que cette personne soit si fermée, lorsque c'est le cas ? Or ce qu'il ne sait pas c'est qu'il n'y est pour rien, qu'elle n'a rien à voir dans l'ordre de vos préoccupations.

La personne qui a peur de ne pas être crue, parce qu’elle lit de l'incrédulité sur le visage de l’autre, risque de traduire une émotion qui ne correspond pas à ce qu'elle dit. Celle qui pense qu'elle se sera pas crue, indépendamment même du ressenti de son interlocuteur montre elle aussi des émotions qui ne correspondent pas à ce qu'elle est en train de dire.

La personne qui reste digne pour ne pas s’écrouler sourit très souvent, et son sourire a toutes les caractéristiques d'un sourire authentique. Regardez les perdants des jeux télévisés, ils quittent l'auditoire en se retirant avec de grands sourires. Ces sourires se plaquent malgré eux sur leur visage et n'ont rien à voir avec un sourire jaune, comme il existerait un rire jaune. Ces sourires sont leur manière de "partir en beauté", pour laisser un bon souvenir. Ces sourires observés sont authentiques. Ces personnes là ne sont pas vraiment heureuses. Mais vous vous y tromperez si vous regardez la télévision sans le son.

Ainsi des lectures émotionnelles basiques pourraient nous faire douter des émotions qui sont pourtant véhiculées de façon authentique.

Décrypter le langage corporel :

Toutes ces remarques sont nées de repérages vidéos. Elles ont été capturées au fil du temps de manière écologique. Il ne s'agit pas de tenter de les reproduire pour montrer qu'elles sont "scientifiques". Les captures filmées sont des preuves en soi de phénomènes à l'oeuvre. Le véritable enjeu est ailleurs. C'est d'abord et avant tout de parvenir en interaction à échanger des informations, fluides avec une personne, dont la qualité de présence est déterminée par la qualité d'interaction.

Dans ce contexte, décoder le langage corporel nécessite la mise en place de processus obligeant à prendre en compte plusieurs constructions mentales simultanément, mais également et surtout, de ne jamais négliger la qualité de la relation, pour que l'information non verbale ne soit pas polluée par diverses projections.
Les qualités principales demandées à un spécialiste du décodage corporel, ne sont curieusement pas des qualités d'observation. L'observation relève de la technique. Repérer des traits qui bougent, ne demande pas de qualité particulière, et s'acquiert par automatismes successifs, nécessires mais pas suffisants. Non, les qualités du spécialiste du décodage corporel sont des qualités d'attention et de respect.

Le langage corporel n'est pas un simple langage co-verbal. Notre corps n'arrive pas neutre et lisse dans l'interaction. Il a aussi une vie indépendante de celle des mots prononcés. Nous continuons de penser et d'être lorsque nous ne parlons pas. Il nous arrive même d'être en interaction à un endroit et préoccupés par ce qui se passe à un autre endroit. C'est pourquoi la lecture des émotions (cette personne est-elle sincère en ce moment ?), si intéressante soit-elle, n'est jamais qu'un moment très circonscrit de la réflexion, à côté duquel la qualité de la relation (Sommes-nous dans un rapport authentique ?) mais également le rôle de la cognition (Mon interlocuteur est-il bien présent en ce moment ?), sont des questions préalables à poser, beaucoup plus importantes encore.

Si la solidité heuristique de ce triptyque (émotion-relation-cognition), tombait, toute l'approche synergologique n'aurait plus aucun sens. Mais c'est ce qui en fait aujourd'hui, la fécondité.

 

(*) Ce schéma est appelé Schéma intégrateur  en synergologie.

 

Vie de couple, communication non verbale et synergologie.

Une étude conduite par Richard Wiseman, psychologue à l’Université de Hertfordshire basée sur le comportement de 1000 personnes et présentée au Festival International des Sciences d’Édimbourg tend à montrer que les couples les plus unis sont également ceux dans lesquels les conjoints dorment le plus près l'un de l’autre, c'est-à-dire "collés" l'un à l'autre. Dans le cadre de cette étude, ceux qui restaient en contact physique durant leur sommeil déclaraient être heureux dans 80 % des cas, contre 68% de ceux qui gardaient une distance dans le lit.Boton cuadrado blanco simbolo noche

Certains esprits chagrins critiquent cette étude reprochant ses faiblesses méthodologiques et son approche synergologique.

Il s'avère que ce type de recherche ne relève tout simplement pas du champ de la synergologie. Mais elle nous permet en revanche de faire un peu de pédagogie sur ce qu' est et ce que n'est pas la synergologie. Il ne suffit pas en effet que l'on parle de langage corporel pour que le champ d'observation soit celui de la synergologie ©.

A priori, l'auteur de l'étude semble penser que pour éprouver la force du couple, il faille observer le comportement corporel des deux conjoints. Ce lien direct à la corporéité renvoie bien en apparence au paradigme synergologique, mais ça ne suffit pas pour qu'on puisse parler de synergologie.  Simplement parce qu'ici le chercheur n'observe pas directement la corporéité. Il propose plutôt de répondre à un questionnaire et l'étude est basée sur la déclaration et ça, ça n'est pas de la synergologie. Entendons nous bien, ça n'empêche pas l'étude d'être sérieuse, mais ca n'est pas une étude synergologique.

Pour qu'une étude soit synergologique, il aurait fallu qu'elle soit effectuée par des synergologues, formés à travailler autour de la distinction entre les instances conscientes, mi-conscientes, non conscientes. Lorsqu'une personne est interrogée par questionnaire sur son couple, elle fait une réponse consciente. Or, cette réponse peut très bien n'être pas en correspondance étroite avec la réalité de son union. Et ce, pour des tas de raisons dont le déni par exemple. Il existe, dans le champ de la science, un courant critique sur les théories de l'autoévaluation (c'est-à-dire sur ce qu'on déclare sur soi-même) dont les thèses ne sont pas sans fondement (1).

Ici par exemple, il aurait fallu pour que l'étude soit synergologique qu'elle soit fondée sur l'observation effective du couple. C'est-à-dire que ce couple ait pu être filmé, d'une manière ou d'une autre, alors que les deux partenaires étaient endormis l'un avec l'autre et qu'ensuite ils aient été filmés ensemble alors qu'ils répondaient au questionnaire par exemple. Il aurait été possible de tester leur qualité de rapprochement au moment de la réponse au questionnaire,  autour de critères liés aux petites attentions qu'ils auraient eues l'un pour l'autre, à leur insu même, à ce moment là.

Evidemment, la difficulté de mener ce type d'étude explique en partie pourquoi elle n'a jamais été conduite jusque là dans le champ synergologique. Mais ça aurait été ça faire de la synergologie.

Une tendance actuelle, parce que le langage corporel devient aujourd'hui "tendance", est de parler de synergologie  dès qu'il est question de langage corporel. Or, faire de la synergologie , c'est d'abord et avant tout 1) Utiliser un corpus de propositions  lié à la spécificité du langage corporel pour traiter l'information 2) User d'un éthogramme propre permettant de recueillir des observations précises 3) Se servir de protocoles standardisés de traitement des données liées au langage corporel et 4) Mettre en oeuvre un certain nombre de règles éthiques lors de la présentation de ces mêmes données.

Bref, pour qu'une étude soit critiquée sous un angle synergologique, il convient d'abord et avant tout de se demander s'il s'agit bien d'une recherche réalisée par des synergologues.

(1) Ledoux, J. (2005) Le Cerveau des émotions, Préface de de J.D Vincent, Ed Odile 2005, 374 pages (cf pp-52-54)

L’effet Pygmalion et Françoise David

Dans ce blogue, nous allons décrire le phénomène qui permet de comprendre que le fait de gagner un débat politique, du type du débat des chefs de ce soir, n'est pas lié directement avec la qualité de la prestation des chefs. Et qu'en outre, le langage corporel est central dans ce processus.

Ce soir, 27 mars 2014, au Québec, le second débat va opposer les quatre principaux dirigeants de partis québécois dans leur course pour devenir Premier ministre du Québec.
Comme dans tout débat, des spécialistes vont être conviés à donner leur avis sitôt le débat terminé, et avant même que les sondages ne s'en mêlent, tenter de répondre à cette question : Qui a gagné le débat ?

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Les angoisses n’empêchent pas les vrais sourires (suite)

L'objet de la première partie de ce message blogue se proposait d'expliquer qu'une personne peut être réellement angoissée par une situation et pourtant produire un sourire comprenant toutes les composantes non verbales de l'authenticité, simplement parce que le cerveau est capable de passer d'un univers à  un autre instantanément. L'illustration de cet exemple était produite à partir d'images de Lance Armstrong chez Oprah Winfrey. Le cas Armstrong, semblait bien approprié simplement parce que la relation bien connue du sportif avec les produits dopants rejoint immédiatement le public.ARMSTRONG_2En revanche cela n’enlève rien à la fiabilité du langage corporel, parce que dans cet exemple, si le sportif rit et que son rire est authentique, dans l’image suivante il montre bien autre chose. Son visage se fige, et toute la mâchoire inférieure apparait comme c'est le cas avec les émotions négatives (et pas avec les émotions positives).

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Les vraies angoisses n’empêchent pas les vrais sourires

Le langage corporel possède des spécificités. La plus mystérieuse d'entre elles, veut que la perception scientifique du non verbal contredise souvent les lois de la perception courante. Ou pour le dire autrement, que les certitudes du commun des mortels ne correspondent pas toujours aux données des chercheurs. Ce phénomène est observable concrêtement dans une manifestation non verbale, aussi courante que le sourire.

armstrong_1Dans ce domaine une idée semble bien implantée dans les esprits :  "Un sourire authentique est un sourire de bien-être, les autres sourires sont de faux sourires"  Et il en restera des traces sur le visage. Or il s'avére que cette idée n'est pas une idée juste.

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Les mots ne sont pas tout et le langage non verbal n’est pas rien

 
Cette phrase tirée d'un article de presse internet mérite de retenir un moment notre attention. 
 
Prendre le problème sous l'angle : "Si nous pouvions vraiment comprendre les gens sans recourir aux mots, il n'y aurait pas besoin d'apprendre les langues étrangères", c'est n'avoir pas compris ce qu'était le non verbal.  En fait c'est n'avoir pas compris comment se mettent en place  les interactions humaines. 
 

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Ce que traduisent les photographies sur les pages personnelles

 

En Synergologie, un principe de base veut que lorsqu'une personne communique en lien, avec son interlocuteur, elle lui présente davantage son visage gauche que son visage droit. Elle montrera son visage droit si la communication est plus analytique, plus distante.

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Le non verbal permet de prédire le résultat des d’élections. Pourquoi et comment ?

 

En 2009 , des enfants suisses de 5 à 13 ans prédisaient les résultats des élections législatives françaises à partir de photographies des participants au second tour (1). Des exercices de type similaire permettaient à partir de photographies du visage, aux États Unis cette fois, de prédire les résultats à la chambre des représentants, au Sénat et à des postes de gouverneur (2). C'est encore sur la base de photographies préférées que le résultat d'élections finlandaises (3), britanniques (4), irlandaises (5), italiennes (6), Néozélandaises (7), Mexicaines (8), japonaises (9) étaient prédits, avec des des taux de précisions chaque fois supérieurs au hasard.
Dans un autre type d'expérience, où le langage corporel était mis en lumière, le résultat d'élections était cette fois prédit avec justesse, à partir de dix secondes prises au hasard sur une vidéo de débat politique (10) observée sans le son. Dans cette expérience les participants avaient la possibilité ensuite d'écouter les paroles  et de revoir leur jugement. Dans ce cas précis, le fait d'écouter le son était facteur de biais et amenait les personnes testées à se tromper, et leur prédiction retombait au niveau du hasard (pile ou face).

Les expériences académiques sont aujourd'hui trop nombreuses, trop sérieuses, trop congruentes, pour qu'elles ne nous obligent pas à nous interroger sur le rôle du non verbal dans les élections. Car, si à première vue, le résultat d'élections peut être prédit à partir de critères non verbaux seuls, à quoi sert-il aux sociétés de s'engager dans des processus démocratiques couteux en argent en temps et en énergie, ? et plus globalement à quoi sert-il donc encore de mettre en œuvre des idées et des projets si les candidats choisis, le sont  indépendamment de leurs idées et projets ?
 
En réalité c'est peut-être exactement pour cette même raison qu'il faut redoubler d'exercice démocratique, d'échanges, de réflexions croisées et contradictoires, parce que les études nous apprennent autre chose…
 

Le rôle du capital informationnel 

Le critère conduisant un individu à choisir la compétence de son candidat politique à partir de son image, plutôt que de son projet, est une stratégie de personne peu informée. Elle conduit l'électeur peu favorisé en termes de capital informationnel, à faire davantage confiance, dans un article de revue, à la photographie du candidat plutôt qu'à article de fond qui l'accompagne (11), mais la photographie n'est plus critère de choix, lorsque les électeurs sont mieux informés et qu'ils disposent d'une culture politique (12). Les lecteurs se fient alors à leurs critères propres d'affiliation fondés sur la logique des idées (13).

Ainsi, lorsqu'une élection est très serrée, le critère du visage "qui inspire confiance" risque effectivement de faire basculer le résultat dans le camp de celui qui a la meilleure mine, mais parallèlement plus les électeurs sont informés, plus les candidats sont choisis et élus sur leurs programmes.

Dans ce contexte, il ne faudrait donc pas sous-estimer l'importance de l'éducation politique, car c'est elle, et elle seule qui permettra que ne soient pas élus des candidats politiques sur leur bonne mine. Mais d'autre part, il semble important de développer l'éducation à la compréhension des messages non verbaux, afin d'apprendre à objectiver et donc démystifier les mécanismes  conduisant les choix électoraux à être faits sur une autre base que celle des idées et des projets.

(1) Antonakis, J., & Dalgas, O. (2009). Predicting elections: Child’s play!. Science, 323, 1183.
(2) Ballew, C. C., et Todorov, A. (2007). Predicting political elections from rapid and unreflective face judgments. Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, 104, 17948–17953.
Hall, C. C., Goren, A., Chaiken, S., et  Todorov, A. (2009). Shallow cues with deep effects: Trait judgments from faces and voting decisions. In E. Borgida, J. L. Sullivan, C. M. Federico (Eds.), The political psychology of democratic citizenship (pp. 73–99). New York: Oxford University Press.
Todorov, A., Mandisodza, A. N., Goren, A., et  Hall, C. (2005). Inferences of competence from faces predict election outcomes. Science, 308, 1623–1626.
(3)Poutvaara, Panu, Henrik Jordahl, et Niclas Berggren. 2009. “Faces of Politicians: Babyfacedness Predicts Inferred Competence but Not Electoral Success.” Journal of Experimental Social Psychology 45(5): 1132–35.
(4)Banducci, S. A., Karp, J. A., Thrasher, M., et Rallings, C. (2008). Ballot photographs as cues in low- information elections. Political Psychology, 29, 903–917.
(5)Buckley, F., Collins, N., et  Reidy, T. (2007). Ballot paper photographs and low-information elections in Ireland. Politics, 27, 174–181.
(6)Castelli, L., Carraro, L., Ghitti, C., et Pastore, M. (2009). The effects of perceived competence and sociability on electoral outcomes. Journal of Experimental Social Psychology, 45, 1152–1155.
(7)Little, A. C., Burriss, R. P., Jones, B. C.,; Roberts, S. C. (2007). Facial appearance affects voting decisions. Evolution and Human Behavior, 28, 18–27.
(8) Lenz, G.S et Lawson, C. (2011) Looking the Part: Television Leads Less Informed Citizens to Vote Based on Candidates’ Appearance American Journal of Political Science, Vol. 55, No. 3, July , Pp. 574–589
(9 )Rule, Nicholas O., Nalini Ambady, Reginald B. Adams Jr., Hiroki Ozono, Satoshi Nakashima, Sakiko Yoshikawa, et Motoki Watabe. 2010. “Polling the Face: Prediction and Consensus across Cultures.” Journal of Personality and Social Psychology 98(1): 1–15.
(10) Ambady, N., et Rosenthal, R. (1992). Thin slices of expressive behavior as predictors of interpersonal consequences: A meta-analysis. Psychological Bulletin, 111, 256–274.(11) , Barrett, A. W., et Barrington, L. W. (2005). Is a picture worth a thousand words? Newspaper photographs and voter evaluations of political candidates. The Harvard International Journal of Press/Politics, 10, 98–113.
(12) Lau, Richard R., and David P. Redlawsk. 2001. “Advantages and Disadvantages of Cognitive Heuristics in Political Decision Making.” American Journal of Political Science 45(4): 951–71.
(13) (9) Bartels, L. M. (2000). Partisanship and voting behavior, 1952–1996. American Journal of Political Science, 44, 35–50. politique.
Lau, R. R., et Redlawsk, D. P. (2006). How voters decide: Information processing during election campaigns. New York: Cambridge University Press. 

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"Chaque geste veut toujours dire la même chose".

 

 Toute critique de l'approche synergologique débute ou reprend à un moment ou à un autre cette affirmation tirée des livres de synergologie dans l'objectif de montrer la légèreté de la démarche.

Or la phrase "Chaque geste veut toujours dire la même chose" sortie de son contexte ne veut effectivement absolument rien dire. Par contre, une fois éclairée, elle est l'expression juste du message synergologique. 

Attardons-nous ici à remettre un peu de contexte.

Dans la phrase "Chaque geste veut toujours dire la même chose", il faut comprendre que le geste envisagé dans cette acception est une catégorie large, en fait un mouvement corporel effectué de manière non intentionnelle. La personne parle en s'accompagnant de gestes auxquels elle n'a pas réfléchi. 
Le geste ou attitude mi-consciente peut être un geste d'autocontact (geste fait sur le visage ou sur le corps),  un geste de préhension (geste réalisé sur un objet) une boucle de rétroaction (geste d'une main dans l'autre), une mimique (micoréaction), ou encore un geste dans l'espace (geste).
Admettons que nous parlions d'un geste dans l'espace. Sa signification est d'abord tributaire de la main utilisée, avec trois possibilités : main droite, gauche, ou les deux mains. Il convient ensuite d'observer la configuration de cette main puis la destination dans l'espace du geste.
La configuration  de la main est dépendante de la rotation du poignet, (cinq possibilités), de la position verticale du poignet (trois  possibilités), de la position des doigts (sept possibilités : fermés, ouverts , mi ouverts, bourse, pince, tendus, éventail)

Ensuite pour chacune de ces configurations des doigts, il y a encore plusieurs possibilités, propre à chaque configuration. Plus de 800 positions différentes s'offrent en fait au regard de l'observateur. Et il n'a été évoqué ici que la configuration de la main. 
Lorsque la personne  formée à identifier un geste se sera demandé dans quelle partie de l'espace le geste est effectué, c'est-à-dire devant elle, derrière elle, à gauche ou à droite d'elle-même, autour ou à l'extérieur. Il sera  temps alors de se demander si l'axe de la tête retrouve la main ou s'en dissocie, et si le geste est effectué le bras replié ou tendu, car il est possible que ce ne soient pas les mêmes zones cérébrales qui soient activées, pas les mêmes intentions donc.
Mais la personne formée à observer, ne pourra pas non plus occulter les mimiques (micoréactions) associées à la production du geste. Elle se posera encore quelques questions subsidiaires, comme celles de se demander si la personne cligne ou non des paupières en effectuant ce geste par exemple.
Ensuite oui, "chaque geste veut toujours dire la même chose", mais nous venons d'énoncer douze règles préalables à la description du geste.

Ce n'est d’ailleurs pas parce qu'un horizon de sens du geste est proposé que les chercheurs en synergologie ne continueront pas à se demander si de nouvelles règles ne permettraient pas d'affiner cet horizon de sens et même au passage de revisiter une ou l'autre de ces douze règles….

 

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Comment décoder la tromperie sur les critères du langage corporel ?

 
 
 
Décoder le mensonge sur des critères corporels peut être aléatoire ou plus sérieux selon la méthodologie mise en œuvre. 
Le spécialiste, qui pense que le décodage du mensonge se fait à partir de l'identification  des émotions risque de se trouver dans l'impasse. En revanche, celui qui prend en compte cet axiome : le menteur retient la vérité et il place son corps sous contrôle, verra sa tâche facilitée, surtout dans l'exercice de décodage d'une commission chargée d'expliciter des mécanismes frauduleux.

Dans la première optique, la plus hasardeuse,  il s'agit de chercher à repérer des émotions et dans la seconde, de rechercher la vigilance corporelle.

 

Pourquoi on ne parvient pas à décoder la tromperie en recherchent à repérer des émotions ?

Au départ. le gros bon sens porte à croire qu'une personne menteuse est mal à l'aise. Or le comportement observé traduit généralement exactement le contraire (Kassin et al, 2004) ). Le menteur sait que s'il a l'air mal à l'aise il sera pris pour un menteur. La seule chose sur laquelle il se concentre. c'est d'avoir l'air sûr de lui. Alors que la personne qui dit la vérité, elle, ne pense pas à tout ça, si bien que si dans la vie de tous les jours, elle est plutôt  pataude ou empruntée, elle va avoir l'air d'une menteuse. 
Dans l'optique de ce même gros bon sens, on pense que le menteur ne regarde pas dans les yeux, alors qu'en fait il regarde davantage fixement son interlocuteur que celui qui dit la vérité ! (Kassin et Fong, 1999) 
Le menteur sait que s'il ne regarde pas son interlocuteur et  doute de ce qu'il dit, il risquera d'être démasqué, alors que la personne qui dit la vérité ne se pose pas toutes ces questions, et pour peu qu'elle soit introvertie, va avoir tendance à être prise pour une menteuse (Porter et Brinke, 2010). 

 

 

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