Les angoisses n’empêchent pas les vrais sourires (suite)

L'objet de la première partie de ce message blogue se proposait d'expliquer qu'une personne peut être réellement angoissée par une situation et pourtant produire un sourire comprenant toutes les composantes non verbales de l'authenticité, simplement parce que le cerveau est capable de passer d'un univers à  un autre instantanément. L'illustration de cet exemple était produite à partir d'images de Lance Armstrong chez Oprah Winfrey. Le cas Armstrong, semblait bien approprié simplement parce que la relation bien connue du sportif avec les produits dopants rejoint immédiatement le public.ARMSTRONG_2En revanche cela n’enlève rien à la fiabilité du langage corporel, parce que dans cet exemple, si le sportif rit et que son rire est authentique, dans l’image suivante il montre bien autre chose. Son visage se fige, et toute la mâchoire inférieure apparait comme c'est le cas avec les émotions négatives (et pas avec les émotions positives).

L'enchainement d'images a lieu en moins de six dixièmes de seconde. En moins de six dixièmes de seconde l'esprit de Lance Armstrong se rend compte qu'il n'y a pas de question banale dans ce type d'entrevue, et le cerveau du sportif se met alors au diapason de cette prise de conscience, conformément au mécanisme neurologique exprimé par la théorie de l'esprit (ToM).

Cet exemple illustre le fait que :

1. C'est le caractère dynamique d'un enchainement d'images qui atteste de son sérieux.

2. Que même lorsque les images sont envisagées de façon dynamique à travers une suite d'images, il est toujours risqué de chercher à qualifier un comportement à partir d'émotions seules, lisibles sur le  visage, car le cerveau passe très vite d'une position mentale à une autre, sans qu'il y ait pour autant de hiatus de communication.

Ce qui semble le plus évident du point de vue de l'observation, c'est que lorsqu'une personne est dans un état bien harmonieux, le passage d'un état à un autre se fait sans cassures et que les cassures apparaissent lorsque la personne se met en état de vigilance, mais il n'empêche qu'une pensée n'ayant rien à voir avec la situation est toujours susceptible d'amener le visage à produire une expression atypique. C'est la raison pour laquelle les spécialistes s'attachent à prendre en compte d'autres items corporels que les items de nature émotionnelle, issus des seules expressions faciales.