Archives mensuelles : mai 2011

La tristesse d’Anne Sinclair

Des observations synergologiques systématiques permettent de comprendre que la tristesse se lit lorsque la paupière gauche (la fente palpébrale supérieure gauche) tombe sur l'œil gauche.
Ici nous sommes allés chercher le regard d'Anne Sinclair à la sortie du tribunal où elle était venue assister à l'inculpation de son époux, Dominique Strauss-Kahn. Nous avons ensuite agrandi la zone des paupières. La paupière supérieure gauche tombe davantage.

Dans ce cas précis, nous déduisons la tristesse du fait que la paupière supérieure gauche tombe et que l'oeil gauche semble donc plus fermé. Cet item est caractéristique de la tristesse (1) Ce n'est pas une réaction corporelle habituelle chez Anne Sinclair. (Si la paupière gauche était plus basse en permanence, nous ne parlerions pas de tristesse d'ailleurs).

Si vous trouvez une situation dans laquelle Anne Sinclair exprime une émotion positive et ou la paupière gauche tombe davantage que la droite la proposition que nous avons émise ("La tristesse se lit lorsque la paupière supérieure gauche tombe et que l'oeil gauche semble donc plus fermé") aura été réfutée et nous serons obligés de la retirer (2) .

En fait deux grandes méthodes scientifiques permettent de valider des informations, la première expérimentale consiste à fabriquer comme son nom l'y prédispose, des expériences ; la seconde, éthologique, consiste à tirer des observations de la réalité du milieu naturel.
En synergologie, un éthogramme constitué autour de 3850 attitudes corporelles permet de relier des observations et des affects, car dès qu'il s'agit d'émotions négatives comme la tristesse, les méthodes de validation éthologique sont les seules vraiment disponibles. Difficile en effet de provoquer et tester en laboratoire des émotions négatives pour des fins de validation expérimentale. Mais est-ce vraiment nécessaire, quand la vie fait le choix pour ses observateurs d'être un laboratoire à ciel ouvert…?

(1) Le langage universel du corps, p.84
(2) La théorie de la réfutabilité due à Karl Popper, s'applique d'ordinaire aux sciences dures, et tout le pan de la synergologie relatif au lexique corporel est soumise à ce principe

Un blogue est un endroit bien adapté pour tester à travers des cas concrets la solidité des hypothèses, et également les voir réfutées, si elles doivent l'être au terme de critiques scientifiques justifiées. Ce sont d'ailleurs les critiques qui prédisposent à la fabrications des hypothèses de demain. Dans cet esprit, ce message blogue a été repris afin d'intégrer la réponse à certaines remarques logiques, venues de personnes désireuses d'échanger mais ne connaissant pas encore le paradigme synergologique.

Se faire entendre avec les mains !


On a cru pendant longtemps en accord avec les manuels de savoir-vivre qu'il ne fallait pas faire de gestes en parlant car cela traduisait un manque d'éducation. Celui qui faisait des gestes montrait par ce fait même qu'il avait de la difficulté à s'exprimer. Or nous savons aujourd'hui que c'est exactement le contraire qui se passe !

Les gestes ont un double avantage. Ils permettent d'abord à celui qui les effectue en parlant , de livrer des informations émotionnelles ou concrètes associées à la communication verbale, mais il y a plus important encore. Le cortex auditif gauche lorsque nous sommes au repos fonctionne à environ 40 hertz et pendant ce temps la zone corticale commandant les mouvements de la main est égale à 4 hertz. Or les personnes qui parlent avec les mains sont souvent plus faciles à comprendre parce que leurs gestes les conduisent à adopter un rythme syllabique voisin de 4 hertz, qui est plus facilement analysable par le cerveau des auditeurs ! (1)
 

Cherchez autour de vous un bon communicant qui ne fasse pas de gestes en parlant, vous verrez, c'est rare…!

Ce n'est sans doute pas un hasard si les gestes de la main et les fonctions cognitives associées au langage ont évolué en même temps dans des territoires cérébraux contigus l'un de l'autre. La locution "prendre la parole", ne dit pas autre chose…
 
(1) B. Morillon et al., "Neurophysiological origin of human brain asymmetry for speech and language", in Proc. Natl. Acad. Sci. USA., vol. 107(43), pp. 18688-93, 2010

Québécois et français : entre joue gauche et joue droite.


Avez-vous déjà observé deux français se faisant la bise et deux québécois se faisant la bise ? Vous observerez qu'ils ne commencent pas par la même joue ! Alors que les français commencent par embrasser la joue droite (dans plus de 80 % des cas (source Paris)), les québécois s'embrassent en commençant par la joue gauche dans les mêmes proportions (Source Montréal). Vous noterez également que les italiens commencent par la joue gauche et les suisses par la joue droite. Il n'y a pas de raison culturelle ou religieuse à ça et il n'est pas non plus question ici de latéralité. Les systèmes d'éducation ne prescrivent pas non plus le choix de la première joue. Alors…….
La meilleure explication, la plus plausible semble être hémisphérique.
Selon cette théorie, nos choix sont d'abord cérébraux. Les informations ne sont pas traitées par les mêmes zones du cerveau par deux individus différents face pourtant à la même information. Ce qui fait par exemple que démocrates et républicains américains en période d'élection ne font pas travailler les mêmes zones du cerveau face à la même publicité regardée (1) ..
Dans le cas de l'action de « se faire la bise », le rapport à la proximité corporelle, au toucher, à l'intimité proximale, pourrait être différent d'un pays à un autre, simplement parce que la bise n'aurait pas tout à fait la même signification, la même connotation selon les pays.
La partie gauche du visage est la plus émotionnelle, celle qui livre le plus d'informations sur nos émotions (2). En faisant la première bise du même côté que pour le baiser amoureux, les québécois comme les italiens montrent leur facilité à entrer en contact. Et lorsque les québécois disent des français qu'ils sont « pognés », derrière l'emploi d'un mot trivial, c'est peut-être simplement cette réalité qu'ils traduisent. Il disent en d'autres termes que les français sont plus protocolaires, plus réservés, plus génés…
 
 
(1)KAPLAN Jonas T. ; FREEDMAN Joshua ; IACOBONI Marco Political attitudes and party affiliation influence neural response to faces of presidential candidates, Neuropsychologia 2007, vol. 45, No. 1, pages 55-64
(2) Skinner, Mullen : " Facial assymetry in emotional expression : A meta_analysis in research", Britisih Journal of psychology, 30, 1991, pp 113-124.
 

Le terrain de jeu des baisers.


Après les mouvements de langue et les clignements de paupières, le prince et sa princesse offrent un autre terrain de jeu à la Synergologie : le baiser.
 
En 2004 , Les codes inconscients de la séduction (1) permettaient d'expliquer qu'un baiser amoureux abandonné, authentique, se donnait de partie gauche à partie gauche du visage (comme celui de William et Kate), alors qu'un baiser tendu se donnait de partie droite du visage à partie droite du visage (comme celui de Charles et Diana).
 

En fait un certain nombre de raisons liées à la cérébralité expliquent cette réalité. Elles renvoient aux compétences de l'hémisphère droit en matière de lien. (2) Les gens qui s'abandonnent l'un à l'autre regardent davantage la partie gauche du visage de l'autre que sa partie droite. Les mères tiennent davantage leurs bébés sur le bras gauche que sur le bras droit , gauchères comme droitières, et dans la même veine les amoureux s'embrassent davantage de partie gauche du visage à partie gauche du visage (c'est le cas de 83 % des baisers) . Évidemment ce type de réalité factuelle avait de quoi amuser et les gens qui s'amusent de la Synergologie s'en amusèrent un peu.

Mais depuis que nos observations ont été faites par d'autres équipes, (3) et que les mêmes observations ont été faites dans la célèbre revue Nature, puis dans un certain nombre de revues dites scientifiques elles sont regardées avec davantage de considération. Il semble clair que cela n'a rien à voir avec la latéralité, ce que nous disions il y a prés de dix ans (4)
 
Les plus observateurs d'entre vous pourront décoder les baisers de cinéma. Les acteurs lorsqu'ils commencent à s'embrasser collent leur visage l'un contre l'autre comme Charles et Diana l'ont fait, puis à mesure que le baiser dure, leurs axes de tête prennent la configuration des mouvements de Kate et William et ce, dans une proportion supérieure à 2 sur 3.
Bien évidemment faites attention à observer une scène dans lequel le plan de caméra ne change pas, car les plans de coupe correspondant au mixage de plusieurs scènes pourraient bien modifier cette réalité.
 
Nous avons parié dans le premier et le second de ces trois messages blogue sur l'authenticité du rapport entre Kate et Willliam, leur premier baiser d'époux peut être versé comme pièce supplémentaire à ce dossier…
 
 
(1) Turchet Ph : Les codes inconscients de la séduction , Ed de l'homme, 2004, 180 p.
(2) Turchet Ph : Pourquoi les hommes marchent-ils à la gauche des femmes , Ed de l'homme, 2002, 283 p ; Turchet Ph : Le langage universel du corps, Ed de l'homme, 2010, 380 p.
(3)John van der Kamp, Rouwen Can al-Bruland Kissing right? On the consistency of the head-turning bias in kissing, Latérality, 2010
(4) Barrett, D., Greenwood, J. G., & McCullagh, J. F. (2006). Kissing laterality and handedness. Laterality, 11, 573-579.

Lorsque la princesse tire la langue_prise 2


 

Le billet précédent appelait quelques précisions complémentaires.

En fait ce mariage semble assez parfait pour faire de la Synergologie. D'abord parce qu'il a été très médiatisé et très regardé, les images vidéo sont donc facilement consultables. Ensuite parce que cet évènement est suffisamment futile pour que nous puissions réfléchir calmement, et enfin parce que la situation est bien claire et que pour une fois plutôt que d'aller chercher, un non-dit, un mensonge, nous pouvons nous centrer sur le décodage de l'authenticité.
La question que chacun s'est posé en voyant Kate passer la langue sur ses lèvres a été celle se demander si elle était réellement émue. Eh bien oui. Mais comment le mesurer ? Simplement en observant ses clignements de paupière…!
Les clins de paupières ont une triple fonction. Neuromoteurs, il se produisent lorsque le corps fait une action motrice différente (changer de direction en marchant, tourner la tête..). Ce n'était pas le cas ici. Ils peuvent être neurocognitifs, la personne fait alors entrer les informations clés dans son cerveau, mais ici au moment ou la langue de Kate sort de sa bouche, elle regarde devant elle et écoute un texte protocolaire qu'elle connait déjà. Ce n'est donc pas le cas. Il ne reste qu'une solution. Ces clins de paupière sont psycho affectifs.
Effectivement la future princesse cligne des paupières 12 fois en 9 secondes, et 4 de ces clignements sont des doubles clignements (clignements réalisés sans discontinuité). Ces clignements en l'absence de paroles sont observables lorsqu'une personne est traversée par des émotions fortes et Kate ne parle pas.

Nous notons d'ailleurs que lorsque le prince dit :
-"I will "
Il ferment tous les deux les yeux à ce moment précis, marquant la forme d'une communion assez parfaite.

L'intérêt n'est pas ici de verser dans le conte de fées. Il est plutôt de montrer que les validations d'états émotionnels sur des critères corporels sont possibles et surtout que ces phénomènes ne peuvent absolument pas être feints. Il est absolument impossible de faire un double clignement de paupières consciemment…