Intelligence, botox et émotions


Bouger les muscles du visage, même subrepticement, lorsque nous réfléchissons permet de mieux comprendre ce à quoi nous pensons !
Sans le savoir, les personnes qui se font injecter du botox permettent aux chercheurs d'établir la réfutabilité de cette théorie, c'est à dire de tester sa véracité en prenant son contrepied.

 

La toxine botulique est produite par une bactérie appelée Clostridium botulinum. Cette bactérie paralyse les muscles du visage dans lesquels elle est injectée. Le muscle devient alors atone et les rides qui pouvaient apparaître disparaissent le temps que dure la paralysie. Des chercheurs de l’Université du Wisconsin (*) ont injecté cette toxine au centre du front, à un groupe de jeunes femmes. Ils leur ont ensuite proposé de lire des textes simples qui suscitaient des émotions négatives, pour lesquelles le muscle corrugateur du front est actionné lorsque la tristesse la peur ou la colère sont ressenties. Ces chercheurs ont noté qu'elles mettaient davantage de temps à comprendre le sens des phrases lues et qu'elles perdaient entre 5 et 10 % du sens du texte.
Nous savons ainsi que si les rides apparaissent c'est parce que nous réfléchissons ! Dans ces moments nous cherchons inconsciemment à ressentir ce que nous évoquons pour le comprendre. En absence de ressenti, ce que nous entendons, lisons, pensons, et que notre cerveau enregistre n'a pas de sens. Nous ne le comprenons pas réellement.

Le corps est donc beaucoup plus impliqué que ce que nous croyions jusque là dans tout effort de réflexion. En synergologie les sceptiques disent parfois en évoquant les microdémangeaisons (traductions de désaccords émotionnels ) : "je me gratte même lorsque je suis tout seul !" Or nous ne sommes jamais tout seuls. Dès que nous réfléchissons, même seuls, nous sommes obligés d'émuler un monde intérieur fait de dialogues imaginaires et notre corps nous aide à ressentir ce que nous pensons pour donner du sens à ces dialogues. Même seuls nous sommes émus et nos traits se déplacent.

Est-il nécessaire d'ajouter que le moment privilégié ou les rides disparaissent est le moment du linceul, le visage totalement détendu par la mort… Un visage où les rides sont visibles et bougent est un visage traversé d'émotions, un visage traversé par la vie…

(*) D. Havas et al., in Psychol. Sc., vol. 21, p. 895, 201

6 réflexions au sujet de « Intelligence, botox et émotions »

  1. Sophie

    Bravo pour cet article!! Vous venez certainement de faire accepter l’effet du temps et de la vie sur le visage de bien des gens!

  2. Andrew

    C’est tout bonnement ahurissant , et c’est vrai que quand j’y pense , parfois quand je ne comprend pas une phrase du premier coup , j’y met le ton et l’expression du visage (tristesse,colère etc…) et je comprend beaucoup mieux ! Mais c’est impressionnant comment le corps est un complément du cerveau en quelque sorte une interface avec le monde qui l’entoure .

    J’adore votre blog j’y apprend un tas de choses intéressantes , Merci .

  3. natalie lambert

    Je trouve très intéressant de vous lire au sujet de l’impact des injections de BOTOX sur l’expression des émotions. Je suis praticienne en synergologie, formée à Québec et je présenterai mon rapport d’étape en décembre, sur le BOTOX. Effectivement, les recherches démontrent de plus en plus les liens entre l’expression du visage, les émotions et la communication avec soi et les autres. J’aime bien les liens que vous faites avec notre dialogue intérieur, on oublie souvent que nous sommes constamment en discussion avec nous même… Et que les mouvements corporels nous aident aussi à réfléchir et à mieux se comprendre. Merci!!!
    Natalie Lambert
    Praticienne en synergologie
    Intervenante en motivation scolaire

  4. Anonymous

    Bonjour,
    je trouve vraiment cette discipline passionnante et vos articles stupéfiants !
    Votre blog nous apprend tellement de choses en si peu de ligne c’est remarquable.
    Voila, j’espère que ce petit message vous fera plaisir et bon courage.
    Damien 18 ans

  5. Anonymous

    Ainsi donc les femmes qui utilisent le botox ont du mal à réfléchir. Fallait-il vraiment une étude scientifique pour l’établir ? 😀

Les commentaires sont fermés.