Faire de la politique c’est aussi s’émouvoir !


Une étude récente montre qu'on parvient à deviner l'orientation politique de candidats à des élections dans des proportions avoisinant 6 sur 10 (*), c'est-à-dire supérieures au simple hasard.
Chaque fois que ce type d'observation est présentée, immédiatement chacun se demande : mais comment est-ce possible !?
En fait en y réfléchissant mieux, si tout ca était on ne peut plus logique…!
Cette étude américaine explique que les gens associent aux républicains des qualité de dominance, de maturité alors qu'ils associent aux démocrates des qualités de chaleur et de proximité relationnelle. Or ces qualités humaines reposent sur des émotions elles-mêmes très lisibles sur le visage, et les émotions les plus couramment vécues finissent par marquer le visage. Un visage rituellement fermé, finit par sembler fermé même lorsqu'il est neutre. Un visage souriant semble sourire même lorsque son expression est neutre. Les rides finissent ainsi par prendre la configuration la plus commune du visage. Si maintenant la solidarité est le commun dénominateur des démocrates, la puissance celle qui réunit les républicains. N'est-il pas normal de voir des visages le montrer. Et n'est-ce pas le contraire qui aurait paru plus anormal !

 

 

(*) Rule.N; Ambady N., in PloS, vol 5, p.8735. 2010

4 réflexions au sujet de « Faire de la politique c’est aussi s’émouvoir ! »

  1. Anonymous

    Peut-on faire de la synergologie son métier? Ou n’est-ce pas assez connue? Je voudrais en savoir plus

  2. Jérémy

    Extrait de « Manuel de la manipulation » de Gilles AZZOPARDI:

    « Certains ont une autorité naruelle. C’est vrai, que c’est plus facile de s’imposer quand on mesure 1,80 mètres plutôt que 1,65 mètres, qu’on a une voix plus aigüe que grave, des traits plus carrés que flous.
    Toutes les études psy menées dans ce domaine prouvent que plus une personne est athlétique (large d’épaules, musclée…), plus son visage est symétrique, plus elle est créditée à dominance. A ce point qu’on peut même prédire des résultats électoraux. C’est ce qu’à démontré Alexander TOPOROV, un psy de Princeton. Il a demandé à des volontaires de se prononcer au seul vu de photographies, en noir et blanc, de visages de candidats inconnus. Dans 70% des cas, le candidat perçu comme le plus compétent et reflétant les attraits évoqués avant est bien celui qui a remporté l’élection!… »

    Cela concorde avec votre article, comme quoi l’être humain a besoin de supériorité.

  3. Seb

    L’enquête est assez éloquente ! Après lecture (du moins de ce que j’ai pu saisir), quelques questions me viennent :
    – le fait qu’il y ait proportionnellement plus de femmes démocrates présentées que de femmes républicaines (étude 1 et 2) : vues les qualités exposées en ce qui concerne les démocrates, n’y aurait-il pas plus de facilité à trouver un air démocrate (entendez humaniste) dans le visage d’une femme ?
    – le fait qu’il y ait dans la première étude bien plus de participants à sensibilité démocrate : une personne humainement « plus sensible » (j’y vais avec des bottes, pardon) n’aura-t-elle pas plus de facilité à faire le distinguo ?
    – quelles photos ont été choisies : je vous invite comme moi à chercher des photos de personnalités politiques connues. Il me parait assez notable que d’un cliché à l’autre, le ressenti est légèrement variable… Peut-être qu’il est alors considéré dans la méthode expérimentale qu’une « erreur » (entendez une photo « mal » choisie) est compensée par une erreur dans l’autre sens ?

    Quoiqu’il en soit le résultat de l’enquête ne parait bien sur pas intuitivement aberrant. Mais il faut être prudent. Du moins dans les papiers médicaux (que je connais mieux), on peut avec une maigre variabilité dans les méthodes prouver tout, puis son contraire…

  4. Seb

    L’interrogation implicite de l’ensemble de mes questions était : ressent-on un visage par rapport au-dit visage, ou par rapport à l’image que l’on a pu se faire à la faveur d’expériences diverses ?
    Ainsi, l’expérimentateur ne choisit-il pas les personnages en fonction de l’appréhension implicite qu’il en a ? N’ira-t-il pas choisir d’emblée un démocrate à la tête plutôt sympathique, et un républicain à l’expression dure ?
    Et si, par le jeu d’une même appréhension des choses de la part des participants, l’expérience ne devenait qu’un murmure implicite de l’expérimentateur à sa « victime », lui signifiant un peu grossièrement que les démocrates auront une tête ouverte, et les républicains une tête fermée.

    Voila en fait ma crainte vis-à-vis de cette enquête, par ailleurs plutôt amusante. Savoir si un tel résultat pointe un fait valable (ie le visage d’un homme politique reflète ses convictions), ou bien s’il convient de le considérer comme fortement biaisé par un imaginaire collectif inconscient, qui aurait d’abord pousser l’expérimentateur à choisir certaines images plutôt que d’autres, puis qui aurait orienter les réponses des participants mis face à ces mêmes images.

    Pour résumé, la conclusion (ie le distinguo démocrates/républicains fait par le biais de l’expression faciale) n’était-elle pas contenue dans la définition même de « démocrates » et de « républicains » ? Car si inconsciemment, les expérimentateurs ont sélectionné des photos de républicains qui avaient l’air de républicains et des visages de démocrates qui avaient l’air de démocrates, l’enquête ne tient plus.
    Voila la problématique que je voulais soulever : le travail sur le support photo. C’est à dire un support ou l’on peut, à loisirs, obtenir des expressions très variables d’une seule et même personne.
    Pour un analyste habitué, aucun soucis.
    Mais pour un quidam moyen ? C’est l’exemple des magazines à sensation. La photo d’Obama qui sourit, et c’est l’espoir qui est suscité (le lendemain de l’élection). La photo d’Obama qui fait la mou, et c’est la désillusion (en pleine bataille pour la réforme de la santé).

    Pardon, j’ai tourné en rond… Mais j’en suis arrivé au bout de ma pensée, charge à qui veut de me lire, ou pas ! Après tout ça ne m’a pas coûter plus cher d’écrire plus.

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