Clinton-Trump : Peut-on prédire la victoire avant le début du débat ?

Certains sports de combat permettent de prédire le dénouement du duel dans des proportions supérieures au hasard, avant que la joute ne commence. Si le gagnant est prédictible, c'est parce qu'il détient l'assurance qu'il est le plus fort et qu'il va triompher. Il ne gagne pas à l'issue du combat, il gagne en entrant dans l'espace de la joute. Dominant dans son environnement, il traduit la victoire à venir par des signes subreptices identifiables.

Ainsi, dans la mesure où des signes prédictifs de la victoire sont observables dans le champ du sport, la question se pose de savoir si ces mêmes signes sont identifiables dans l'arène politique au moment des combats que sont les débats politiques.

En politique américaine, la prédictibilité du gagnant a été rendue possible grâce à une innovation apparue lors des débats Obama-McCain en 2008.

Le premier débat télévisé Kennedy-Nixon en 1960 avait scellé un choix éditorial : les deux candidats étaient assis face aux animateurs-arbitres au début de la diffusion. Ce type très formaté d'apparition à l'écran a perduré 48 ans. Mais à l'occasion du premier débat entre Barack Obama et John McCain, la poignée de main filmée et diffusée officiellement face aux caméras faisait entrer le candidat dans une nouvelle ère, celle de l'observation du « corps-à-corps » entre les prétendants.

En 2008, Obama et McCain ont, par trois fois, débuté le débat en arrivant de l'extérieur du plateau pour se serrer la main au centre de l'arène; et par trois fois Obama a gagné. Les signes de sa victoire étaient chaque fois observables avant le début du débat. Les instituts de sondage validaient à l'issue des émissions des résultats déjà prédictibles sur des critères de langage corporel, dès l'entrée en scène.

Les débats Obama-Romney se sont déroulés selon le même scénario cinématographique. Les acteurs arrivant hors champ pour se rencontrer au centre de leur terrain de jeu et se serrant la main devant les caméras. Obama moins bien préparé que Mitt Romney perdit le premier de ces débats avant de gagner les deux suivants. Là encore le verdict donné par les instituts de sondage correspondait aux prédictions possibles. Et là encore, le gagnant pouvait être prédit trois fois sur trois en se fiant aux mêmes signes que lors des trois débats McCain.

Quels sont ces signes ?

Le dominant s'impose avant même d'avoir commencé à argumenter. Et son comportement dans le cours du débat finira d'objectiver une domination exprimée dès son entrée en scène. Le dominant peut d'abord être défini comme celui qui prend les initiatives. Formellement, dans un débat politique, c'est celui qui prend l'initiative de la poignée de main en amorçant le premier le mouvement. C'est ensuite celui qui desserre en dernier son étreinte avec son autre bras à la fin de la poignée de main. C'est enfin celui qui occupe le plus amplement l'espace. Les critères de proximité ne sont pas propres au champ politique. Ils s'expriment dans le monde animal et ils sont ritualisés dans la mise en présence des êtres humains en interaction. obama_3Sur le critère du toucher, dans les débats Obama-McCain et Obama-Romney, le gagnant était prédictible dès la mise en présence des candidats. Sur la base de ces règles, le gagnant énoncé par les sondages correspondait six fois sur six à ces critères énoncés. Obama a perdu un débat sur six. C'est le premier débat contre Romney et lors de ce débat Obama a lâché le premier le bras de Mitt Romney qui a continué à lui serrer le sien.
 

Le débat Clinton-Trump

La domination est déterminée par l'occupation optimale de l'espace. Mais évidemment, lorsqu'un débat met en présence un homme et une femme, si les rituels restent les mêmes, ils doivent être aménagés pour prendre en considération la nature du rapport homme-femme. Ce rapport étant lui-même soumis à des codes stricts, intégrés et intériorisés et s'exprimant pour partie à l'insu des protagonistes.

Ainsi, l'un des critères observables lorsque deux hommes se rencontrent n'a plus cours si un homme et une femme ont à jouter l'un contre l'autre. Ce critère, c'est celui du toucher. Il prend une connotation différente dans le cadre d'un rapport homme-femme. Ce critère sera d'autant moins signifiant dans ces trois débats que le candidat masculin s'est vanté, puis récusé de s'être vanté, de « toucher » les femmes sans qu'elles ne lui résistent. Les deux leaders ne se sont d'ailleurs purement et simplement pas serré la main lors de l'entrée en scène au début du second débat.

Il n'en reste pas moins vrai que l'occupation de l'espace observable – aussi bien sur le critère territorial de l'ampleur de la poignée de main lorsqu'elle a lieu que sur le critère de l'occupation spatiale de l'espace – reste un facteur de prédictibilité du gagnant. Et sur ces deux critères visuellement objectivables, la domination d'Hillary Clinton s'est vue dès l'entrée en scène des deux débats. Les instituts de sondage lui accordant chaque fois la victoire a posteriori.

Dans le premier débat, elle a pris l'initiative de sortir la première des coulisses, son bras plus déployé obligea Donald Trump à s'effacer pour se placer non pas à côté d'elle, comme il aurait pu l'imposer s'il avait été dominant, mais derrière elle. Dès lors, il lui laissa la possibilité de prendre toutes les initiatives dans la gestion de l'espace, et ce jusqu'au début officiel du débat.

Dans le second débat, ils ne se sont pas serré la main, mais là encore, côte à côte face aux caméras, alors que Trump restait statique, figé, elle embrassait du regard toute la salle, se tournant d'abord à sa gauche puis à sa droite. L'espace d'une certaine manière lui appartenait. Les images ci-dessous le montrent.clinton_3 En fait, lors des trois dernières élections présidentielles américaines, les critères synergologiques de territorialité ont permis, huit fois sur huit, de donner le nom du gagnant des débats. En tout état de cause, ils devraient nous permettre de donner, si les items sont suffisamment signifiants, l'indication du gagnant avant le début du troisième et dernier débat entre Hillary Clinton et Donald Trump, ce mercredi soir 20 octobre 2017.

Ce billet est également publié sur le Huffington post Québec

 

La Synergologie face aux pseudo-sciences du non-verbal

Capture d’écran 2016-05-06 à 05.44.20Fondée pour mieux comprendre l'être humain à partir du langage corporel, la synergologie est une discipline nouvelle. Mais en quoi réside son originalité et  pourquoi se trouve-t-elle au centre de tant d'enjeux ?

La radicalité de sa nouveauté, provient du fait qu’elle aborde le langage corporel en renversant l'ordre des variables indépendantes  et dépendantes lors de l'observation. Raisonnons par l’exemple  :

la Synergologie plutôt que de poser des questions traditionnelles du type :

  • A quoi se lit le stress sur le visage ?
  • Quels sont les signes de la colère ?
  • Y-a-t-il des signes corporels observables de la confiance en soi ?….

pose des questions de recherche en apparence aussi inhabituelles que :

  • Pourquoi l'être humain lève-t-il le sourcil droit ?
  • Pourquoi l'être humain penche-t-il sa tête à gauche ? 
  • Pourquoi remonte-t-il l'épaule gauche ?
  • Pourquoi se gratte-t-il ?
  • Pourquoi cligne-t-il de manière dissymétrique des paupières ?Capture d’écran 2016-04-22 à 14.52.38

 

 

 

L’aspect très concret de ces questions conduit à observer l'être humain à partir d'une posture spécifique, de proposer d’autres standards d’observation et de produire des concepts nouveaux. Et ce, non seulement pour parvenir à identifier certains signes corporels jamais encore observés,  mais aussi pour leur attribuer une signification.

Complémentaire avec le regard que portent d'autres disciplines sur l'humain, le regard synergologique permet de défaire assez simplement de nombreuses croyances non fondées relatives à l'observation et de distinguer les chercheurs rigoureux dans l’abord de l’observation, des pseudo-scientifiques espérant bien tirer partie d’un crédit acquis dans d’autres champs de la connaissance.

Utilisée dans leurs champs professionnels par des médecins, psychologues, criminologues, négociateurs, avocats, roboticiens, ergonomes, professeurs, éducateurs,  communicateurs, coachs, et plus largement par toute personne curieuse et formée, la synergologie pourrait se satisfaire de la Success story de sa popularité grandissante.  Pourtant c'est dans le champ de la science qu'elle a décidé d’amener le dialogue, simplement parce que son abord rigoureux de l'être humain lui en offre la possibilité.

Dans le champ scientifique, le langage corporel considéré comme objet possède un avantage considérable sur d'autres objets scientifiques traités hors des sciences de la nature : LE LANGAGE CORPOREL SE VOIT. C'est-à-dire que les observations sont vraies ou fausses et certaines d'entre elles peuvent même être testées sur des bases positives. C'est suffisamment rare pour être signifié.

La presque totalité des disciplines des sciences humaines n’ont pas cette chance : La psyché chère aux psychologues ne transparait pas à l'oeil nu, les classes sociales du sociologue même si elle existent ne se repèrent pas aussi facilement dans les allées du métro. Les  méridiens du corps des acupuncteurs ne sont directement observables. Les historiens ne voient pas passer la diachronie dans la rue.  Le phénomène du pouvoir sérié par les sciences politiques n'est pas si simple à circonscrire.

En revanche lorsque le sourcil droit remonte sur le visage la situation peut être repérée sans ambiguïté. …  et derrière les mêmes régularités observées de sourcil droit en sourcil droit, corrélées avec des éléments du discours,  des pensées récurrentes peuvent être identifiées et des propositions d'interprétation avancées, un champ conceptuel émerger.

Aujourd’hui, il n’est plus acceptable d’entendre dire que le « non-verbal » représente près de 60 ou 80 voir 90 % de la communication selon les chercheurs et les études, et qu’il n’occupe jamais plus de deux ou trois heures d’un cours de communication traditionnel. Il n’est plus acceptable que le public soit si peu informé et que les connaissances il dispose relève tant du sens commun pour ne pas dire de la rumeur (Exemple : « les bras croisés traduisent la fermeture… la personne qui détourne le regard ne dit pas la vérité… »).

La science ne s’est jamais construite par accumulation de connaissances, elle se construit par validation de paradigmes et abandon de théories désuètes, ou invalidées. Les propositions nouvelles proposées par la synergologie dans le champ scientifique doivent permettre de poser certains problèmes théoriques autrement pour disposer d’informations pratiques plus nombreuses utiles à tous professionnels et chercheurs.

Si ces questions vous intéressent venez comprendre et dialoguer le 12 mai 2016 à l’occasion dans une conférence intitulée :  "la  Synergologie  face aux pseudo-sciences du non-verbal".

Cette conférence est construite pour aborder à travers des exemples concrets la question centrale  de la place de la synergologie dans le champ scientifique, d‘amener à comprendre en quoi une démarche de type synergologique est aujourd’hui incontournable lorsqu’il s’agit d’aborder le langage non-verbal. Ce qu’elle apporte de nouveau à la compréhension de l'être humain à travers son observation ? Comprendre aussi comment identifier des citères de rigueur dans le champ du langage corporel  ?

Cette conférence est destinée à un public de scientifiques, vulgarisateurs scientifiques, communicateurs scientifiques,  journalistes scientifiques, mais aussi curieux et même, sceptiques curieux.

Très heureux de vous rencontrer bientôt.

 

Pour vous inscrire :  http://bit.ly/1QsTs3n

La synergologie et les faits

CaptureLa synergologie permet de mieux comprendre l'être humain  à partir de son langage corporel. Son cadre explicatif l'oblige à respecter deux paramètres. D'abord, décrire le plus précisément possible la réalité pour en faire émerger des phénomènes qui n'avaient pas été observés jusque là. Ensuite, offrir la possibilité à d'autres chercheurs de réfuter, critiquer les propositions émises sur des bases scientifiques constructives.
En synergologie, la théorie des microdémangeaisons se prête bien à ce type de démonstration.  Le schéma  accompagné de points, permet de visualiser la topographie des zones sur lesquelles les personnes se passent la main lorsqu'elles se grattent le visage.

Une microdémangeaison spécifique effectuée sur le bout du nez (zone N10) permet de penser que la personne qui l'effectue est curieuse. Curieuse de voir, curieuse de savoir, curieuse de comprendre, bref curieuse.

Émettre l'hypothèse que la personne est curieuse lorsqu'elle applique sa main sur le haut de son nez pour le caresser ou le gratter, est l'explication la plus logique en l'état des connaissances.

Dans la zone du nez, huit microdémangeaisons font ainsi l'objet d'horizons de sens différents; chaque zone touchée, grattée ou caressée inconsciemment exprime un non-dit.

La vidéo précédente peut être mise en perspective avec une autre attitude, celle où la personne se gratte à l'aide de la pince pouce-index sous le nez en l'obturant. Ce mouvement traduirait un malaise  :  "Il y a un problème".  Et bien évidemment ce geste est inconscient.

La proposition consistant à comprendre qu' "il y a un problème" lorsque la personne effectue ce type de microdémangaison, constitue aujourd'hui l'explication la plus plausible. Elle est née de l'observation de situations récurrentes. 1260 items classifiés forment aujourd'hui le corpus de la synergologie et regroupent tous les aspects du langage corporel.

Des milliers de vidéogrammes représentant des situations observées in vivo sont ainsi stockés dans des bases numériques pour être comparés, enrichis tous les jours par des sources nouvelles. De ces comparaisons est né au fil du temps un corpus de  propositions stables.

Un des objectifs de la synergologie est de comprendre et de montrer à quel point le corpus gestuel est universel. Ce qui ne veut évidemment pas dire que chaque culture n'a pas son système symbolique conscient. Toutefois, à un niveau infra-conscient, il semble bien que les réactions corporelles humaines partagent toutes des codes communs.

Pendant longtemps, les biologistes ont pensé que les microdémangeaisons permettaient d'inhiber des zones de la douleur, et que c'est dans les occasions de malaise que nous nous grattions. Mais très récemment, Mishra et Hoon (2013) ont repéré que les circuits de la douleur et ceux de la démangeaison sont distincts, et qu'un polypeptide, le nppb serait à l'origine des démangeaisons. Ces découvertes issues du champ de la neurobiologie s'accordent bien avec les observations synergologiques, de nombreuses microdémangeaisons engendrées par des évènements à valence positive générant à leur tour une excitation positive. Ce qui est le cas d'ailleurs sur certaines situations présentées sur la première vidéo. 

Dans le champ du langage corporel, il n'existait avant la synergologie aucune autre base d'identification des lieux précis des microdémangeaisons, et aucune proposition d'horizon de sens réfutable. Des chercheurs avaient bien remarqué que les gens se grattaient sans raison apparente, Morris (1967), Cosnier (1977) Ekman et Friesen (1969) Kimura (1976) notamment, et ils sont loin d’être les seuls. Mais aucun d'eux ne s’était jamais intéressé précisément à mettre en lien l'état responsable de la microdémangeaison avec la topographie stricte de ces mouvements. Or, le corps humain ne fait jamais rien sans raison. C'est le principe de base de l'homéostasie (Claude Bernard, 1865). Les gestes sont donc toujours forcément signifiants.

Pourquoi ces phénomènes n’avaient-ils pas été observés auparavant, s’ils sont si clairs ?

Un postulat de la communication non verbale veut que le geste soit lié à la parole. Or ce postulat en a complètement occulté un autre : le geste lié à la pensée. Car il suffirait que le geste ne soit pas lié à la parole, qu'il soit lié à la pensée pour que le langage corporel soit observé sous un prisme différent. Dans les deux exemples vidéo précédents, c'est la nature différente des pensées (et non des paroles) qui est à l'origine de deux types de microdémangeaisons différentes. C'est l'option la plus logique en l'état des connaissances.

La  théorie des microdémangeaisons  permet d'amorcer ainsi une réflexion sur des aspects du langage corporel qui n'avaient jamais été abordés sous cet angle là,  alors qu'ils sont fondamentaux pour comprendre l'être humain et créer des interactions plus riches.

 

Ce message est tiré d'une communication présentée l'Université de Nancy-Lorrraine aux 2èmes Journées d’études du réseau Duplication, Implication, Réplication, réseau international et multidisciplinaire de chercheurs en communication et en sciences sociales, le 9 juin 2015 qui proposait une réflexion sur les formes de duplication et d’engagement dans l’environnement numérique.

 

Bibliographie

Bernard, C (1865) Introduction à l'étude de la médecine expérimentale.

Dahan, G., & Cosnier, J. (1977). Sémiologie des quasi-linguistiques français. Psychologie médicale, 9(11), 2053-2072.

Ekman, P., & Friesen, W. V. (1981). The repertoire of nonverbal behavior: Categories, origins, usage, and coding. Nonverbal communication, interaction, and gesture, 57-106.Kimura, D. (1976) « The neural basis of gesture », dans Whitaker , H. et Harry A. Studies in neurolinguistics, vol. 2, Academic Press, 1976, p. 145- 156.

Kimura D., (1976): “ The neural basis of gesture ”, In H. Whitaker et H.A Whitaker : Studies in neurolinguistics, 1976 , Vol 2 (pp. 145-156).

Meguerditchian, A. (2009) Latéralité et communication gestuelle chez le babou et le chimpanzé : à la recherche des précurseurs du langage, Thèse 2009.

Mishra, S. K., & Hoon, M. A. (2013). The cells and circuitry for itch responses in mice. Science, 340(6135), 968-971.

Morris, D. (1967). Le singe nu (1967). Paris, Grasset.

 

 

 

 

La synergologie, un nouveau paradigme

La synergologie est une discipline nouvelle et populaire. Elle se trouve, de fait prise entre deux feux : ceux qui ratingvoudraient en négliger la nouveauté parce qu'introduire de la nouveauté oblige aussi à écarter quelques idées au passage, et ceux qui pensent que tout ça n'est pas nouveau, d’autant que beaucoup de travaux existent dans le champ du non verbal.

La synergologie est apparue dans le champ de la communication non verbale au moment d'un changement de paradigme.

La connaissance  traditionnelle du langage "non verbal" est basée sur deux postulats   :

  1. Le langage corporel est le langage qui accompagne le langage verbal.
  2. Le langage corporel est le langage des émotions.

Le propre d'un postulat est qu'il n'a pas besoin d'être démontré. En psychologie par exemple, le postulat de base veut que le psychisme de l'être humain le définisse. Evidemment s'il s'avérait que le psychisme n'existe pas, l'édifice psychologique s'effondrerait de lui-même. Mais en attendant ce postulat est bien solide. Pour les sociologues le postulat de base veut que les  rapports sociaux soient structurants pour l'individu. Chaque discipline repose ainsi sur un certain nombre de postulats qui n’ont pas à être discutés, parce que c’est autour d’eux que la discipline se forge.

Or les deux postulats précédents relevant du non verbal, et tenus pour vrais pendant très longtemps ont besoin d’être réexaminés aujourd’hui, à la lueur des observations faites grâce aux moyens modernes d’investigation.  Ils obligent à considérer la dimension corporelle du langage non verbal un peu différemment.

Reprenons les deux postulats issus du paradigme traditionnel :

1. Le langage corporel accompagne le langage verbal.

Le langage corporel dans le champ académique c'est ce qu’on appelle le plus souvent la gestuelle, et évidemment la gestuelle accompagne le langage verbal. A ce titre, il est dit que le langage corporel est co-verbal.  D’un certain point de vue, comme les propos sont généralement accompagnés de gestes, tout ça fait tellement de sens qu’il ne semble pas y avoir de raison de remettre en question un postulat si évident. Or aujourd’hui, au regard de l'imagerie cérébrale autant que de certaines expériences plus traditionnelles, la dimension « co verbale » du langage du corps  semble largement marginalisée au détriment d'autres dimensions de ce langage. Prenons d'abord deux exemples. Ackerman et al (2010) ont montré que lorsque deux personnes négocient sur des chaises molles, elles négocient plus mollement que si elles négocient sur des chaises dures (!). La texture des chaises est reconnue par le corps qui envoie des messages au cerveau. Chen et al, (2001) ont observé de leur côté que les personnes qui avaient des objets rugueux dans les mains négociaient plus âprement que celles qui avaient  des objets mous. D'autres expériences de ce type existent, elles traduisent le fait que les sensations envoyées par le corps préparent le cerveau à penser comme il va le faire.  Le message envoyé par le corps aura un effet sur la teneur du message verbal,  le corps (en fait les zones sensorimotrices du cerveau reliées plus directement au corps) prépare la personne à penser ce qu’elle va dire, bien avant qu'elle ne le dise.

Toutes ces expériences faites dans d’autres champs que celui du non verbal proprement dit, permettent de comprendre que le langage corporel n'accompagne pas le langage verbal mais qu'il le précède. Il prépare de manière non consciente pour elle la personne à dire ce qui ne va émerger sous forme sonore et verbale que plus tard.  Et tout le paradigme synergologique revient non pas à chercher le co-verbal, mais plutôt la trace corporelle de la pensée non consciente, qui peut déjà être observée dans certaines conditions sur le corps, à travers son langage.

Ces expériences conduisent à penser qu’un être humain peut également être traversé par plusieurs rythmes corporels qui s’entremêlent, parce que la personne peut traiter plusieurs pensées en même temps, et que toutes ces pensées n’ont pas toutes le même niveau de maturation.  Nous clignons des paupières environ toutes les 2 secondes et ne changeons de position assise que toutes les dix minutes environ. Pendant que les clignements de paupières permettent d'intégrer activement les informations venues de l'extérieur, les jambes en position assise peuvent être dans un repos presque total. Toutes les parties du corps ne sont donc pas engagées au même titre dans l'interaction, et les rythmes corporels ne sont pas co-verbaux loin de là. Ils sont pluraux.

Renverser le paradigme dominant,  c’est dire que ce n'est pas le langage corporel qui est co-verbal, c'est le langage verbal qui est co-corporel. Cette façon de voir est plus logique aujourd’hui ( Bechara et al, 1997, Damasio et al, 2000, Haynes, 2006, Gazzaniga, 2011, Chen et  Bargh, 1999,  Bargh, 1992, Chen et al, 2001, Barsalou, 1999, Bower, 1991). D’une certaine manière, « le corcept précède le concept », mais le bouleversement à introduire pour faire passer cette idée dans certains champs de la réflexion est considérable.  

Dans la réflexion sur le langage corporel, la synergologie peut jouer un rôle intéressant car ces phénomènes sont observables, ils peuvent être numérisés et comparés à condition d’avoir une grille de description du langage corporel exhaustive (nous y reviendrons dans le prochain article).  La chance énorme de ce champ, c’est qu’il est possible de passer plus facilement qu’on ne le pense de la théorie à la pratique, grâce à l’observation visuelle.

Un second postulat demande également à être discuté. Le postulat à l'effet que le langage corporel soit le langage des émotions, parce que là encore  la proposition est tellement réductrice qu’elle empêche de comprendre ce qu’est le langage corporel et à quel point il est utile à la compréhension de la relation.

2. Le langage corporel est le langage des émotions.

Certes les émotions inscrites sur le visage et le corps méritent d'être repérées et décrites avec précision mais le langage corporel ne saurait se résoudre à n'être que le langage des émotions. Il est autant le langage de la cognition que le langage des émotions. Il est autant le langage de la relation que le langage des émotions.  Une personne à l'écoute, bien concentrée dans un entretien ou une réunion d’équipe, laisse passer très peu d'émotions. Pourtant, elle dispose bien d’un langage corporel qui exprime ce qu’elle pense mais qu’un travail sur les émotions ne permet pas de rendre compte.

Là encore, dire que le langage corporel relève autant de la relation, de la cognition que des émotions, relève d'un changement de paradigme.  Une personne peut être attristée par l’attitude d’une personne qu’elle apprécie pourtant profondément. Qu'est-ce que le corps traduira-t-il à votre avis : de la tristesse ou du lien ? Et bien, il traduira les deux états en même temps. Une émotion négative et une qualité de relation.

Une personne effrayée et stressée peut, soit s’arrêter subitement  de réfléchir, soit ne pas interrompre le cours de ses pensées. Il y a là de l’émotion et de la cognition. Ne prendre en compte que les émotions, conduit à se couper de l’information corporelle la plus intéressante, celle qui veut que cette personne continue d’être présente ou qu’elle se coupe parce qu’elle est trop effrayée.  Dans un cas, vous allez continuer à dialoguer avec elle, et dans l’autre, surtout l’écouter pour lui permettre d'évacuer son mal-être. 

Si on répète comme un mantra que le langage corporel c’est le langage des émotions, on passe à côté de sa diversité. Et on passe à côté des phénomènes les plus intéressants à observer pour qui est intéressé par l’autre.

Évidemment, ce changement de paradigme oblige à la création de nouveaux outils pour analyser autrement  le langage corporel. Dire que le langage corporel est traversé par différents rythmes, sans théoriser ces différents rythmes et se donner les moyens de les observer n’aurait pas grand sens.

Dans le prochain message nous évoquerons  la démarche synergologique.

 

Bibliographie sommaire :

 

Ackerman, J. M., Nocera, C. C., & Bargh, J. A. (2010). Incidental haptic sensations influence social judgments and decisions. Science, 328(5986), 1712-1715.

Bargh, J.A. (1992). Being unaware of the stimulus vs. Unaware of its interpretation : why sublimality per sedoes matter to social psychology, in R. Bornstein & T. Pittmann Eds, Perception without awareness. New-York: Guilford.

Barsalou, L. W. (1999). Grounded Cognition. Annual Review of Psychology, 59, 617–645.Bechara, A., Damasio, H., Tranel, D., & Damasio, A. R. (1997). Deciding advantageously before knowing the advantageous strategy. Science, 275(5304), 1293-1295.

Bower, G. H. (1991). Mood Congruity of Social Judgments. In J. P. Forgas (Eds.), Emotion and Social Judgments (pp. 31–54). Oxford: Pergamon Press.

Brouillet, T., Heurley, L., Martin, S., & Brouillet, D. (2010). Émotion et cognition incarnée: La dimension motrice des réponses verbales «oui» et «non». Canadian Journal of Experimental Psychology/Revue canadienne de psychologie expérimentale, 64(2), 134.

Chen, S., & Bargh, J. A. (1999). Consequences of Automatic Evaluation: Immediate Behavior Predispositions to Approach or Avoid the Stimulus.Personality and Social Psychology Bulletin, 25, 215–224.

Clark, A. (1997). Being there: Putting Brain, Body, and World Together again. Cambridge: MIT Press. Content, A., Mousty, P., & Radeau, M

Clark, A. (1997). Being there: Putting Brain, Body, and WorldBarsalou, L. W. (1999). Grounded Cognition. Annual Review of Psychology, 59, 617–645

Damasio, A. R., Grabowski, T. J., Bechara, A., Damasio, H., Ponto, L. L., Parvizi, J., & Hichwa, R. D. (2000). Subcortical and cortical brain activity during the feeling of self-generated emotions. Nature neuroscience, 3(10), 1049-1056.

Gazzaniga, (2011) Le libre arbitre et la science du cerveau. Ed Odile Jacob, (pp 141-142)Gibson, J. J. (1977). The theory of affordances. Hilldale, USA.

Haynes, J-D. (2006). Decoding mental states from brain activity in Humans, Nature Reviews Neuroscience, vol. 7(7), pp. 523-34, 2006 Compte rendu Cerveau et psycho, n°41 septembre-octobre 2010, pp-70-72.

 

 

 

 

 

 

Décoder des émotions, oui mais après…

 

Le public, de manière générale, pense que le langage corporel c'est le langage des émotions. Or ce n'est pas tout à fait ça et c'est beaucoup plus riche que ça.

Schema_synergologique

Apprendre à identifier des émotions sur le visage c'est le travail d'une journée pour un bon observateur à qui on a montré ce qu'il fallait regarder, et en l'espace d'une vingtaine d'heures de travail, celui qui le désire peut très bien apprendre à reconnaitre et étiqueter des déplacements de muscles.
Mais appréhender le langage corporel, ça commence juste après, ça commence lorsqu'on se dit : " Certes, j'ai bien vu une émotion mais à quoi l’attribuer ?" Ou encore au moment ou l'on se pose cette question :  " Mes interlocuteurs  ont l'air trés concentrés, mais je ne repère pas d'émotion particulière, pourquoi ?"
La personne qui compte bien mettre à profit les connaissances acquises par l'apprentissage des déplacements faciaux procède toujours de la même manière. Elle écoute ce que son interlocuteur est en train de dire, regarde son visage et se demande s'il y a adéquation entre ce qu'il dit et ce que montre son visage. Elle évalue la congruence entre le discours et les états émotionnels. Or, il y a huit causes bien identifiées, pas moins,  pour qu'il n'y ait pas de rapport entre l'émotion observée et ce que la personne est en train de dire, alors même qu'elle est parfaitement sincère, parfaitement authentique, et qu'elle dit parfaitement la vérité.

Prenons quelques exemples pour comprendre pourquoi l'observation d'une émotion est souvent trompeuse et pourquoi elle doit être encadrée par un questionnement sur le langage corporel prenant en compte de nombreux autres aspects.

Quelques exemples :

Il est tout à fait possible d’être dans deux états contradictoires, tout en étant authentique dans ces deux états. C'est ce qui se passe, si un évènement vous a rendu triste, au moment où vous croisez quelqu’un que vous êtes heureux de rencontrer. Montrez-vous un visage triste ou heureux ? En fait, vous montrez un visage sur lequel les déplacements faciaux ont emprunté aux deux réalités. Les muscles lisses actifs dans votre tristesse durable, mettent 40 à 400 fois plus de temps à se détendre que les muscles striés, pendant que de leur côté les hormones actives dans les situations de tension sont encore présentes et ne se dissipent pas dans le cerveau, comme par enchantement. Le temps du changement de métabolisme, des signes de joie et de tristesse sont lisibles ensemble puis en alternance, avant qu'un état prenne vraiment le pas sur l'autre..

Si vous communiquez face au soleil, votre visage sera marqué, tendu alors même que vous pouvez être de très bonne humeur et vous conserverez cette expression de tension faciale, de longues minutes après avoir quitté le soleil…

Il est également possible en interaction que votre esprit soit accaparé par d'autres pensées que les propos échangés. C'est même plus fréquent qu'on ne le pense. L'émotion traduite par votre visage peut être générée par des pensées n'ayant rien à voir avec l'interaction dans laquelle vous êtes placé/e. C'est le phénomène à l’œuvre chaque fois que vous êtes préoccupé/e. Votre interlocuteur muni de son petit lexique facial émotionnel risque de se dire, mais que lui ai-je donc fait pour que cette personne soit si fermée, lorsque c'est le cas ? Or ce qu'il ne sait pas c'est qu'il n'y est pour rien, qu'elle n'a rien à voir dans l'ordre de vos préoccupations.

La personne qui a peur de ne pas être crue, parce qu’elle lit de l'incrédulité sur le visage de l’autre, risque de traduire une émotion qui ne correspond pas à ce qu'elle dit. Celle qui pense qu'elle se sera pas crue, indépendamment même du ressenti de son interlocuteur montre elle aussi des émotions qui ne correspondent pas à ce qu'elle est en train de dire.

La personne qui reste digne pour ne pas s’écrouler sourit très souvent, et son sourire a toutes les caractéristiques d'un sourire authentique. Regardez les perdants des jeux télévisés, ils quittent l'auditoire en se retirant avec de grands sourires. Ces sourires se plaquent malgré eux sur leur visage et n'ont rien à voir avec un sourire jaune, comme il existerait un rire jaune. Ces sourires sont leur manière de "partir en beauté", pour laisser un bon souvenir. Ces sourires observés sont authentiques. Ces personnes là ne sont pas vraiment heureuses. Mais vous vous y tromperez si vous regardez la télévision sans le son.

Ainsi des lectures émotionnelles basiques pourraient nous faire douter des émotions qui sont pourtant véhiculées de façon authentique.

Décrypter le langage corporel :

Toutes ces remarques sont nées de repérages vidéos. Elles ont été capturées au fil du temps de manière écologique. Il ne s'agit pas de tenter de les reproduire pour montrer qu'elles sont "scientifiques". Les captures filmées sont des preuves en soi de phénomènes à l'oeuvre. Le véritable enjeu est ailleurs. C'est d'abord et avant tout de parvenir en interaction à échanger des informations, fluides avec une personne, dont la qualité de présence est déterminée par la qualité d'interaction.

Dans ce contexte, décoder le langage corporel nécessite la mise en place de processus obligeant à prendre en compte plusieurs constructions mentales simultanément, mais également et surtout, de ne jamais négliger la qualité de la relation, pour que l'information non verbale ne soit pas polluée par diverses projections.
Les qualités principales demandées à un spécialiste du décodage corporel, ne sont curieusement pas des qualités d'observation. L'observation relève de la technique. Repérer des traits qui bougent, ne demande pas de qualité particulière, et s'acquiert par automatismes successifs, nécessires mais pas suffisants. Non, les qualités du spécialiste du décodage corporel sont des qualités d'attention et de respect.

Le langage corporel n'est pas un simple langage co-verbal. Notre corps n'arrive pas neutre et lisse dans l'interaction. Il a aussi une vie indépendante de celle des mots prononcés. Nous continuons de penser et d'être lorsque nous ne parlons pas. Il nous arrive même d'être en interaction à un endroit et préoccupés par ce qui se passe à un autre endroit. C'est pourquoi la lecture des émotions (cette personne est-elle sincère en ce moment ?), si intéressante soit-elle, n'est jamais qu'un moment très circonscrit de la réflexion, à côté duquel la qualité de la relation (Sommes-nous dans un rapport authentique ?) mais également le rôle de la cognition (Mon interlocuteur est-il bien présent en ce moment ?), sont des questions préalables à poser, beaucoup plus importantes encore.

Si la solidité heuristique de ce triptyque (émotion-relation-cognition), tombait, toute l'approche synergologique n'aurait plus aucun sens. Mais c'est ce qui en fait aujourd'hui, la fécondité.

 

(*) Ce schéma est appelé Schéma intégrateur  en synergologie.

 

Vie de couple, communication non verbale et synergologie.

Une étude conduite par Richard Wiseman, psychologue à l’Université de Hertfordshire basée sur le comportement de 1000 personnes et présentée au Festival International des Sciences d’Édimbourg tend à montrer que les couples les plus unis sont également ceux dans lesquels les conjoints dorment le plus près l'un de l’autre, c'est-à-dire "collés" l'un à l'autre. Dans le cadre de cette étude, ceux qui restaient en contact physique durant leur sommeil déclaraient être heureux dans 80 % des cas, contre 68% de ceux qui gardaient une distance dans le lit.Boton cuadrado blanco simbolo noche

Certains esprits chagrins critiquent cette étude reprochant ses faiblesses méthodologiques et son approche synergologique.

Il s'avère que ce type de recherche ne relève tout simplement pas du champ de la synergologie. Mais elle nous permet en revanche de faire un peu de pédagogie sur ce qu' est et ce que n'est pas la synergologie. Il ne suffit pas en effet que l'on parle de langage corporel pour que le champ d'observation soit celui de la synergologie ©.

A priori, l'auteur de l'étude semble penser que pour éprouver la force du couple, il faille observer le comportement corporel des deux conjoints. Ce lien direct à la corporéité renvoie bien en apparence au paradigme synergologique, mais ça ne suffit pas pour qu'on puisse parler de synergologie.  Simplement parce qu'ici le chercheur n'observe pas directement la corporéité. Il propose plutôt de répondre à un questionnaire et l'étude est basée sur la déclaration et ça, ça n'est pas de la synergologie. Entendons nous bien, ça n'empêche pas l'étude d'être sérieuse, mais ca n'est pas une étude synergologique.

Pour qu'une étude soit synergologique, il aurait fallu qu'elle soit effectuée par des synergologues, formés à travailler autour de la distinction entre les instances conscientes, mi-conscientes, non conscientes. Lorsqu'une personne est interrogée par questionnaire sur son couple, elle fait une réponse consciente. Or, cette réponse peut très bien n'être pas en correspondance étroite avec la réalité de son union. Et ce, pour des tas de raisons dont le déni par exemple. Il existe, dans le champ de la science, un courant critique sur les théories de l'autoévaluation (c'est-à-dire sur ce qu'on déclare sur soi-même) dont les thèses ne sont pas sans fondement (1).

Ici par exemple, il aurait fallu pour que l'étude soit synergologique qu'elle soit fondée sur l'observation effective du couple. C'est-à-dire que ce couple ait pu être filmé, d'une manière ou d'une autre, alors que les deux partenaires étaient endormis l'un avec l'autre et qu'ensuite ils aient été filmés ensemble alors qu'ils répondaient au questionnaire par exemple. Il aurait été possible de tester leur qualité de rapprochement au moment de la réponse au questionnaire,  autour de critères liés aux petites attentions qu'ils auraient eues l'un pour l'autre, à leur insu même, à ce moment là.

Evidemment, la difficulté de mener ce type d'étude explique en partie pourquoi elle n'a jamais été conduite jusque là dans le champ synergologique. Mais ça aurait été ça faire de la synergologie.

Une tendance actuelle, parce que le langage corporel devient aujourd'hui "tendance", est de parler de synergologie  dès qu'il est question de langage corporel. Or, faire de la synergologie , c'est d'abord et avant tout 1) Utiliser un corpus de propositions  lié à la spécificité du langage corporel pour traiter l'information 2) User d'un éthogramme propre permettant de recueillir des observations précises 3) Se servir de protocoles standardisés de traitement des données liées au langage corporel et 4) Mettre en oeuvre un certain nombre de règles éthiques lors de la présentation de ces mêmes données.

Bref, pour qu'une étude soit critiquée sous un angle synergologique, il convient d'abord et avant tout de se demander s'il s'agit bien d'une recherche réalisée par des synergologues.

(1) Ledoux, J. (2005) Le Cerveau des émotions, Préface de de J.D Vincent, Ed Odile 2005, 374 pages (cf pp-52-54)

L’effet Pygmalion et Françoise David

Dans ce blogue, nous allons décrire le phénomène qui permet de comprendre que le fait de gagner un débat politique, du type du débat des chefs de ce soir, n'est pas lié directement avec la qualité de la prestation des chefs. Et qu'en outre, le langage corporel est central dans ce processus.

Ce soir, 27 mars 2014, au Québec, le second débat va opposer les quatre principaux dirigeants de partis québécois dans leur course pour devenir Premier ministre du Québec.
Comme dans tout débat, des spécialistes vont être conviés à donner leur avis sitôt le débat terminé, et avant même que les sondages ne s'en mêlent, tenter de répondre à cette question : Qui a gagné le débat ?

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Les angoisses n’empêchent pas les vrais sourires (suite)

L'objet de la première partie de ce message blogue se proposait d'expliquer qu'une personne peut être réellement angoissée par une situation et pourtant produire un sourire comprenant toutes les composantes non verbales de l'authenticité, simplement parce que le cerveau est capable de passer d'un univers à  un autre instantanément. L'illustration de cet exemple était produite à partir d'images de Lance Armstrong chez Oprah Winfrey. Le cas Armstrong, semblait bien approprié simplement parce que la relation bien connue du sportif avec les produits dopants rejoint immédiatement le public.ARMSTRONG_2En revanche cela n’enlève rien à la fiabilité du langage corporel, parce que dans cet exemple, si le sportif rit et que son rire est authentique, dans l’image suivante il montre bien autre chose. Son visage se fige, et toute la mâchoire inférieure apparait comme c'est le cas avec les émotions négatives (et pas avec les émotions positives).

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Les vraies angoisses n’empêchent pas les vrais sourires

Le langage corporel possède des spécificités. La plus mystérieuse d'entre elles, veut que la perception scientifique du non verbal contredise souvent les lois de la perception courante. Ou pour le dire autrement, que les certitudes du commun des mortels ne correspondent pas toujours aux données des chercheurs. Ce phénomène est observable concrêtement dans une manifestation non verbale, aussi courante que le sourire.

armstrong_1Dans ce domaine une idée semble bien implantée dans les esprits :  "Un sourire authentique est un sourire de bien-être, les autres sourires sont de faux sourires"  Et il en restera des traces sur le visage. Or il s'avére que cette idée n'est pas une idée juste.

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Les mots ne sont pas tout et le langage non verbal n’est pas rien

 
Cette phrase tirée d'un article de presse internet mérite de retenir un moment notre attention. 
 
Prendre le problème sous l'angle : "Si nous pouvions vraiment comprendre les gens sans recourir aux mots, il n'y aurait pas besoin d'apprendre les langues étrangères", c'est n'avoir pas compris ce qu'était le non verbal.  En fait c'est n'avoir pas compris comment se mettent en place  les interactions humaines. 
 

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